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Entretien avec Jean-Paul
Verpeaux
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le 8 septembre 2008
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Myriad : Bonjour, M Verpeaux, merci d'accepter
de répondre à ces quelques questions. Vous avez
remporté le Premier Prix du 19eme Concours Amical avec votre
oeuvre "Adagio Pour Gouttes d'Eau" et nous voudrions
d'abord savoir qui vous êtes.
JPV
: Pour être
succinct, disons que je suis un musicien amateur, âgé de
57 ans, père de trois enfants et pratiquement autodidacte. Je
suis ravi de
répondre à cet entretien, mais d'avance je vous
présente mes excuses pour mon orthographe très
approximative des noms propres.
Myriad
: Sur quel matériel travaillez vous ?
JPV
: D'abord je ne
travaille pas, je m'amuse. Je me sert d'un PC Pentium IV windows
XP, avec Harmony-Assistant et quelques freewares
musicaux. Mon PC est relié
à un piano numérique MIDI Roland qui est devenu mon
clavier-maître. J'utilise aussi beaucoup un
orgue liturgique virtuel
qui s'appelle MyOrgan. C'est un super logiciel gratuit. J'ai aussi
deux véritables pianos dont un quart-de-
queue Yamaha et il me reste des
années 80 quelques synthétiseurs que
j'utiliseoccasionnellement.
Myriad : Quel est votre
cursus musical ?
JPV : Pas terrible. Vers 12-13 ans, comme je
n'arrêtais pas d'embêter les locataires de ma grand
mère en tapant à longueur de journée sur
le piano, mes parents m'ont
inscrit à l'école de musique de PAU. J'y ai appris les
base du solfège, mais j'étais le cancre de la
classe.
Ensuite j'ai pris des cours de
piano , pendant environ 1 an et demi, avec trois profs
différents. Mes études musicales se sont
arrêtées là. La suite s'est faite en
autodidacte.
Vers 16 ans, le hasard a fait
que je devienne organiste d'une petite paroisse parce qu'il n'y
avait pas de volontaires et que le curé
était le cousin de mon
père. Puis, toujours par hasard, je suis devenu à 17 ans
organiste de jazz dans un orchestre de bal professionnel. Cela n'a pas été
profitable à mes études au lycée et les revenus
étaient insuffisants pour que j'envisage d'en faire mon
métier.
Parti à 20 ans, passé
3 jours dans l'armée de l'air, le hasard a encore fait que j'y
suis resté en fait 35 ans. Mon poste
d'électronicien dans
l'armée ne m'a pas empêché d'avoir une vie «
spirituelle » en parallèle. Ainsi, j'ai continué un
certain temps l'orchestre de variété, j'ai été
organiste en Charente Maritime, musicien dans une fanfare,
journaliste pour « Guitare et Claviers » et «
Musiciens, professeur de musique électronique au
conservatoire de Chinon, etc.
Myriad
: Jouez-vous d'un instrument de musique (ou de plusieurs)
?
JPV : A une époque de ma vie, j'étais
très branché synthétiseurs, mais je me
considère avant tout comme organiste classique. Si j'ai
tâté d'autres
instruments, cela s'est fait avec peu de talent et parfois
même sans plaisir : grosse-caisse obligatoire à la
caserne, guitare basse
pour dépanner... Bonne nouvelle, depuis quelques jours,
grâce à Myriad, j'expérimente une nouvelle piste :
je bave de bonheur dans
un bel harmonica.
Myriad
: Quels sont vos goûts musicaux ?
JPV
: Mes goûts
musicaux sont très variés et hétéroclites.
J'aurais plus vite fait de dire ce que je n'aime pas. Tant pis si
j'en vexe quelques uns.
Ainsi, je déteste le rappe, le biniou (désolé
Yannick), le free jazz, la musique africaine, la musique
médiévale, les chants basques et les orchestres
d'accordéons.
Myriad
: Vous pouvez citer
des artistes...
JPV : Mis à Part Johny Haliday et Francis
Cabrel , mes artistes préférés sont tous morts
(Bach, Haendel, Franck, Svetana, Otis Redding, Scott Joplin...) vous ne les trouverez donc
plus dans l'annuaire.
Myriad
: ou des genres
musicaux si vous le désirez...
JPV : J'apprécie certaines formes de musiques
classiques : concerto, cantates, fugues (bref tout le baroque), la
variété des années 70-80, le blues, le vrai Rhythm & blues (surtout
pas l'horrible RnB actuel), le jazz « propre », la
musique électronique et électroacoustique,
les marches militaires...
Myriad
: Plus précisément, en ce moment, quelle musique
écoutez-vous ?
JPV : En ce moment j'écoute le let-motiv du
ventilateur de mon ordinateur.
Myriad
: Quelles musiques n'écoutez-vous plus du tout
?
JPV : Depuis 7 ou huit ans, je n'écoute plus
du tout Blood Sweat and tears, A socerful of secrets, Santana, Deep
Purple, King of Krimson.....
C'est pas que je ne les aime
plus, bien au contraire, mais je n'ai plus de tourne-disque.
Myriad
: Si l'on vous demandait de choisir une musique qui serait
placée dans une
capsule à destination des habitants d'Alpha du Centaure,
quel serait votre choix
?
JPV
: Surtout pas du
Doc Génico, du J.M Jarre ou du Shonberg. IL faut que ces gens
aient une bonne opinion de nous. Je pense que l'aria
de la suite en Ré de mon
ami Jean-Sébastien ne martyriserait pas l'organe bizarre qui
leur sert d'oreille.
Myriad
: Si vous deviez être coupé du monde pendant un
an, quels sont les deux
albums que vous emporteriez avec vous ?
JPV : Un album relié des Pieds-Nikelés
et mon album de photos de famille. Non je plaisante, je
n'emporterai que des albums de musique classique; par exemple une série de
cantates de JSB. Celui que je n'emporterai surtout pas c'est un CD
de Glen Gould. Ce type joue très bien du piano, mais il m'a
gâché mon plaisir d'écoute, car en même temps
qu'il joue, on l'entend qui fredonne affreusement faux.
Myriad
: En ce qui concerne l'oeuvre qui a remporté le
concours, quelle a
été votre source d'inspiration ?
JPV :
J'ai ouvert mon robinet de cuisine goutte
à goutte et j'ai attendu que ça sorte. (Là c'est pas
sérieux). Je me suis aussi mis à relire un
certain nombre de partitions
classiques pour chercher le style d'écriture qui pourrait le
mieux convenir pour l'accompagnement.
Myriad
: Quel a été votre cheminement de composition ?
(les détails techniques intéresseront les
lecteurs)
JPV : Comme j'en ai souvent l'habitude de la
faire, au lieu de commencer par trouver une mélodie,
j'ai écrit cette musique à partir d'une
suite d'accords que j'ai
recherchés avec mon orgue virtuel, en commençant par une
introduction style adagio d'Albinoni, mais sans plagier le moindre du monde la suite
d'harmonies écrite par le célèbre compositeur. J'ai
ensuite cherché une mélodie très
simple
pouvant se superposer aux
accords.
Le fait de choisir la goutte
d'eau comme instrument soliste m'est venu naturellement à
l'esprit. Je pensais même que tout le monde en
aurait fait autant. Par contre
j'ai du doubler cet instrument par une guitare pour mieux le faire
ressortir. C'est discret, je pense que cela ne se remarque pas.
Ensuite je suis passé
à l'orchestration. Elle est très fantaisiste, mais comme
cet oeuvre n'est pas destinée à être jouée par
un orchestre, je me suis
permis des mélanges d'instruments peu habituels, au grand
mépris des puristes. Je ne me suis pas soucié non
plus des tessitures réelle
de certains instruments, pour la même raison. Seul la douceur
des sons et leur contraste mutuel a été mon
critère de sélection.
J'ai pensé cette musique comme si j'écrivais une oeuvre
sentimentale et non pas comme si je cherchais à
réaliser une
prouesse technique.
Pour finir, j'ai ajouté la
batterie pour donner un peu de punch à l'ouvrage et aussi
parce que j'aime bien le mélange sucré-salé
du moderne et du
classique.
Myriad
: Avez-vous une anecdote à narrer ? Pas
nécessairement reliée à votre oeuvre mais en rapport avec la
musique.
JPV
: J'en ai toute
une collection. J'espère que celle que j'ai choisi vous
divertira.
Dans les années 70 je suis
parti de Bordeaux pour animer le Bal à Limoges. Mon chef
d'orchestre Hervé avait la folie des grandeurs. Il avait acheté aux domaines
un bus militaire qu'il avait fait repeindre en jaune vif. Son nom
s'étalait en énormes lettres à coté d'une pub mensongère «
Hervé XXX, son orchestre et ses 10 tonnes de
matériel ». En fait de matos, il y avait la sono
Ravioli,
un vieux Farfisa pourri, la
batterie, les guitares et leurs amplis, 500 ou 600 kg à tout
casser.
Le bus était divisé en
3 parties : à l'arrière le compartiment cloisonné du
matériel, au centre le lupanar ambulant du chef
d'orchestre isolé
par un simple rideau et le reste du bus pour entasser musiciens et
danseuses. Nous étions nombreux, dans le bus ce jour là,
une douzaine. il y avait
« Baptiste » le bassiste, Cri-Cri dit le « cheval
» un saxophoniste surnommé ainsi à cause de
l'avancée importante
de ses dents due certainement à un usage trop intensif de son
instrument. Bref je ne vais pas les nommer tous.
Ce jour là, le bus est
tombé en panne .... devant une gendarmerie.
Pendant que le « cheval
» et le « Tché Guevarra » notre chanteur sont
partis téléphoner au village, nous avons mis un peu de
bazar devant la maison
poullaga. Un gradé est venu nous réprimander
:
- Ramassez-moi ces peaux de
bananes et ces cannettes de bière. C'est quoi ce cirque ? Vous
êtes nombreux la dedans ?
Voulant lui être aimable,
je lui répond dans toute ma candeur :
- Une dizaine monsieur et encore
il manque la « Tché-guevarra » et le « cheval
».
Et le gendarme très
sérieusement me rétorque :
- Quoi, vous avez aussi un
cheval !
Mais l'histoire ne s'est pas
terminée la. Un camion est venu en urgence récupérer
le matériel pour l'amener à Limoges et le
chauffeur a présenté
au chef d'orchestre une facture exorbitante. C'est le prix
Monsieur, dit le chauffeur, nous le facturons à la
tonne-kilométrique, 100 km
multipliés par 10 tonnes, cela fait cette
somme.
Vous êtes fou lui
réplique le chef. Dix tonnes d'instruments, vous imaginez ce
que cela représente ?
Je sais bien Monsieur,
répond le chauffeur, mais c'était écrit en gros sur
votre camion.
Myriad
: Quelles sont vos objectifs ou vos projets dans le domaine
de la musique ?
JPV : Mes objectifs sont simples : composer,
composer, composer. J'aurais préféré profiter de ma
retraite pour me trouver un travail dans la musique et continuer à jouer de
l'orgue mais des problèmes de santé m'en empechent, alors
je me consacre à la composition musicale, rien que pour le
plaisir.
Myriad : Avez-vous un site
Web personnel ?
JPV
: Oui, je vous
invite à visiter les suites suivants :
http://organ.monespace.net
consacré uniquement à l'orgue et l'orgue
virtuel.
http://musicalis.monespace.net
, site sur lequel je présente un éventail de mes oeuvres
; fanfare, électronique, orgue ...
J'ai aussi quelques vidéos
sur You Tube : chaine « organcomposer
»
Myriad : Avez-vous un
message ou conseil à transmettre aux lecteurs de
cette rubrique ?
JPV : Oui, J'en aurai bien plusieurs, mais je vais
encore faire de la pub gratuite pour Myriad.
Soyons sérieux, comme
conseil je vous dirais simplement que l'on peux tirer plus
d'enseignement en étudiant les partitions de grands
musiciens qu'en lisant 100 fois
le même manuel de solfège ou d'harmonie. Alors, si vous
tombez par hasard chez un bouquiniste sur une partition de L'Or du Rhin, de
Shéhérazade ou des Concertos Brandebourgeois,
achetez-là, même si vous n'êtes ni violoniste
ni chef d'orchestre et
faites-en pendant un mois votre livre de chevet.
Myriad
: Quelles autres questions auriez-vous aimé que l'on
vous pose ?
Quelles auraient alors
été vos réponses ?
JPV
: J'aurais
aimé qu'on me demande si j'ai le sens de
l'humour.
J'aurais répondu
Non.
Myriad : Merci d'avoir
répondu à ces quelques questions.
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